


















C’est tout naturellement que Pascal Comelade rejoint cette année la programmation des 6èmes Rencontres Internationales autour des Pratiques Brutes de la Musique. C’est l’ensemble de l’œuvre mais aussi et surtout la nature du bonhomme qui colle on ne peut mieux aux aspirations et préoccupations de ces rencontres. Ce n’est pas une vie dédiée à la musique que Comelade incarne mais plutôt une vie passée à la déconstruire et à l’éparpiller façon puzzle. Ce n’est pas l’essence, le squelette de la musique, cette trop fameuse quête de l’essentiel qu’il suit, mais bien la mise en abîme du peu, voire du superficiel, la quête de la ligne crade. Comelade, c’est le croche-pattes à la jambe de bois d’Eddie Cochran. C’est cette étrange faculté à faire briller le fragile et à se méfier du confort et des postures comme de la peste. Comelade s’est toujours entouré de nombreux personnages proches de ses préoccupations et de chez lui parce qu’il est hors de question de prendre l’avion. Sa pratique brute, à lui, en grand boulimique de garage, de rock’n roll, de punk, de musique traditionnelle, contemporaine, c’est de recracher toutes ses influences, en une seule expression primale et toute singulière. Ce musicien inclassable rejoint les Rencontres comme un poisson dans l’ode à la bricole, au collectif et à l’amour du risque, définitivement plus boots que pantoufles. Comme nous, Comelade est amateur d’art brut sous toutes ses formes, non celui auquel on colle une étiquette mais celui qui ne se laisse pas attraper et qui va pisser derrière la chapelle. C’est justement avec ses bottes et entouré de jeunes et vieilles connaissances, dont les membres fondateurs des Rencontres, qu’il viendra rayer le parquet de Mains d’Œuvres. Cerise sur le pompon, on aura même l’immense plaisir de l’avoir en invité d’honneur du Papotin. Yeah !