




Agora #1 : Habiter et s’approprier les espaces
Avec : Christophe Laurens, Alexis Forestier, Roberta Trapani & Jean-Luc Johannet
Pour ouvrir cette sixième édition des Rencontres ayant pour fil rouge la question des espaces, nous proposons de rentrer dans le vif du sujet en discutant des manières singulières de s’approprier nos lieux d’expériences et/ou de vie. Ou comment faire d’un lieu, d’un bâtiment, d’une salle, un espace habitable et accueillant les particularités, les goûts et les besoins de ses habitants ?
Dans les pratiques d’accompagnement sanitaire ou médico-social, l’hospitalité laisse malheureusement trop souvent à désirer. À peine s’il n’est pas dit qu’un service trop agréable encouragerait les usagers à la sédentarisation. Nous pensons au contraire qu’on ne s’apaise qu’en affinité avec son milieu. Et chacun a ses modalités pour le faire un peu sien.
Pour lancer la discussion, nous avons convié quelques personnes à nous parler de leurs expériences. Christophe Laurens tout d’abord qui s’est intéressé aux modes d’habiter expérimentés sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, entre cabanes auto-construites, autogestion, et tentative d'inventer des nouvelles formes d'organisation collective et a décidé d’y emmener ses étudiants pour un travail de recherche, publié depuis sous le titre « Notre Dame des Landes, ou le métier de vivre ». Alexis Forestier a fondé le groupe Les Endimanchés en 1985 entre musique industrielle et chanson populaire, puis il crée la compagnie Les Endimanchés avec laquelle il monte de nombreuses créations. Intéressé par les aléas de la raison, il travaille de nombreuses années à la Clinique de La Borde et collabore depuis 2008 avec André Robillard. En 2013, Alexis participe à la création de La Quincaillerie, lieu d’expérimentation au sens propre, aussi bien de mode de vie en commun, de pratique de création que d’accueil. Enfin, Roberta Trapani, membre du collectif de recherche-action Patrimoines Irréguliers de France (PiF) et rédactrice de la revue en ligne Hors-les-Normes, et l’artiste Jean-Luc Johannet nous parleront de l’oeuvre titanesque de ce dernier, qui s’inscrit à sa façon, ou au moins en partie, dans le vaste univers des environnements irréguliers, « composés d’utopies architecturales, d’environnements ornés par des habitants-paysagistes, de cabanes bricolées sur des ZAD et des ronds-points, ou encore d’installations et de jardins urbains clandestins où l’on cultive la sociabilité, la réciprocité et l’expression créative »